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Podcast industry

TRANSFORMING SOCIETY TOGETHER #04

L’auteur Johan Op de Beeck a interviewé Daan Schalk, PDG de North Sea Port, et Filip Verheyen, Division Director Industry, sur les défis sociétaux pour le secteur industriel. Écoutez cette interview sur la chaîne de podcasts de Sweco.

Malgré certains préjugés ou griefs, l’industrie est le moteur de l’innovation nécessaire dans les ambitions climatiques. L’industrie flamande n’assure pas seulement 12 % de l’emploi et 60 % des exportations totales en Flandre, ce secteur répond aussi de 80 % des dépenses en R&D. Nos interlocuteurs assistent en pratique à une démonstration parfaite que la Flandre donne le ton en matière d’innovation.

L’industrie est le moteur de l’innovation

Daan Schalk, PDG de North Sea Port : « Un port est un environnement robuste, surtout dans le contexte flamand et néerlandais. Il y a peu d’endroits au monde où l’industrie, la logistique et l’innovation sont si étroitement imbriquées. Ici, un port est aussi bien plus qu’une plate-forme de transbordement. L’industrie a une vision d’avenir qui est défendue en Flandre avec force par des initiatives telles que Moonshot et Capture, la recherche d’universités de premier plan et l’expertise d’ingénieurs des bureaux d’étude tels que Sweco. Les institutions de connaissances, autorités et entreprises privées travaillent en synergie. De la sorte, notre intervention performante nous permet d’assurer la liaison avec l’innovation. »

Filip Verheyen, Division Director Industry chez Sweco Belgium, adhère à cette « triple hélice » : « Vous pouvez en effet considérer Sweco comme une institution de connaissances plus appliquées. Nous accompagnons depuis longtemps déjà des clients industriels importants et, ensemble, nous expérimentons effectivement de nouvelles technologies qui feront la différence dans la transition vers une société durable. Je peux confirmer que la Flandre est un acteur de premier plan, surtout dans le secteur chimique. »

Le CO2 comme matière première
Comment devons-nous nous représenter cela concrètement ? Dans les projets pilotes que cite Filip Verheyen, c’est surtout la circularité qui se dégage. Les plastiques usagés qui redeviennent des matières premières pour de nouveaux matériaux, par exemple. Mais, il faut à présent y ajouter une dimension : le CO2 peut également être une matière première. Un changement de mentalité s’impose pour ne plus considérer le CO2 comme un problème mais comme une solution. Pourtant, la capture, le stockage et la réutilisation du CO2 sont des facteurs importants dans l’objectif de zéro émission d’ici à 2050. Le CO2 purifié est déjà utilisé pour le moment dans l’industrie alimentaire, confirme Daan Schalk.

Sources d’énergies alternatives
Dans la conversion vers une industrie plus respectueuse de l’environnement, les sources d’énergies alternatives joueront un rôle important. L’hydrogène, notamment, offre beaucoup de potentiel, tout comme le méthanol et l’ammoniac. Filip Verheyen : « Selon les prévisions pour 2050, nous aurons besoin de trois fois plus d’hydrogène et d’électricité que notre production actuelle. Naturellement l’électricité produite doit être « verte ». Cela implique la poursuite du développement de parcs éoliens offshore et onshore. Et toute cette énergie doit en fin de compte parvenir aussi aux clients industriels, cela nécessitera des adaptations dans l’infrastructure des transports et du stockage de ces nouvelles sources d’énergies. Non seulement à l’échelle locale mais, ici aussi, les connexions avec d’autres pays seront essentielles. »

Sur ce plan, notre situation joue en notre faveur, estime Daan Schalk. « Le tissu industriel de la Flandre, de Rotterdam et de la Ruhr est situé dans un rayon de 300 km. En les interconnectant par des pipelines et des lignes à haute tension, nous pouvons même renforcer encore notre position et dépendre un peu moins de l’approvisionnement de l’étranger lointain. La confiance de North Sea Port est telle que les trois terrains sont réservés à de futures usines d’hydrogène. »

Disponibilité ?
La technologie existe donc. Le défi suivant est l’échelle. Nous voulons être certains de l’approvisionnement d’électricité et d’énergie, et pas à n’importe quel prix. En partant du scénario d’un démantèlement progressif des centrales nucléaires, les nouveaux gaz classiques ne pourront pas combler cet écart à eux seuls. L’interconnexion avec d’autres pays qui ont des excédents énergétiques reste inévitable. Daan Schalk: « Pour être honnête, la Belgique ne pourra jamais être autosuffisante à 100 % pour alimenter en électricité et en hydrogène le secteur de l’industrie et des transports. Nous devons cependant veiller à une certaine « base load » pour garder dans notre pays les valeurs ajoutées de l’énergie. »

Qui va payer ?
Les nouvelles centrales d’hydrogène ou installations d’électrolyse sont coûteuses, tout comme la transformation des réseaux de distribution. Filip Verheyen : « Les entreprises publiques telles qu’Elia et Fluxis doivent être en mesure de se réorienter car un rôle important leur est dévolu sur ce plan. À terme, la technologie évoluera de telle sorte que l’hydrogène soit intéressant sur le plan commercial. Nous prévoyons donc que les partenaires privés vont également investir, certes avec le soutien de fonds d’innovation et d’investissement et de subsides publics. » En l’occurrence, Daan Schalk plaide résolument en faveur de subsides sur le modèle néerlandais, notamment en tenant compte du ROI et de la réduction postulée du CO2 .