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Podcast quality of life

TRANSFORMING SOCIETY TOGETHER #03

L’auteur Johan Op de Beeck a interviewé Mohamed Ridouani, bourgmestre de Louvain, et Johan Van Reeth, Operational Manager, BUUR Part of Sweco (Sweco Belgium), sur les enjeux sociétaux en matière de la qualité de vie. Écoutez cette interview sur la chaîne de podcasts de Sweco.

Nos villes sont des pôles de croissance de diversité, de créativité et de rencontre. Habiter, travailler, faire ses emplettes, se détendre… tout y est possible. L’attrait de la ville est à la fois une bénédiction et un défi pour le climat. Comment en assurer la viabilité ? Et quel rôle les autorités locales et les entreprises peuvent-elles y jouer ? Mohamed Ridouani, bourgmestre de Louvain, croit en une approche commune, qui verra les villes, regroupées en coalitions, interagir avec les institutions de connaissances, les entreprises et les citoyens. Pour Johan Van Reeth, Operational Manager, BUUR Part of Sweco (Sweco Belgium), la solution d’avenir réside surtout dans la combinaison d’intérêts sociaux et économiques. Et inversement !

De la viabilité à la qualité de vie

Où réside l’attrait de métropoles telles que Londres, Paris et Lisbonne ? Elles ont toutes opéré des choix audacieux pour améliorer la viabilité de la ville, notamment en misant sur de réelles alternatives à la voiture. Si cela ne tenait qu’à Mohamed Ridouani, le bourgmestre de Louvain, nous devrions tous ensemble viser plus haut en matière de politique climatique et de soins et de viabilité. Des transports en commun confortables et fiables ont un rôle important à jouer sur ce plan. La viabilité doit surtout se concevoir dans une perspective plus étendue. « Dans quel type de ville ou de quartier voulons-nous vivre ? » Pour Johan Van Reeth, qui a déjà accompagné des dizaines de projets d’urbanisation, parler des valeurs de leur environnement de vie est essentiel. « Les citoyens peuvent ainsi mieux comprendre des décisions qui vont au-delà du nombre de places de parking souhaité. Il s’agit d’interventions qui garantissent la qualité de vie à long terme. Nous préférons en effet parler de qualité de vie que de viabilité, notion qui revient à un aveu de faiblesse. »

Nos deux interlocuteurs s’accordent sur le fait que la qualité de vie dans nos villes n’a jamais été aussi bonne. Une énorme dynamique de rénovation met l’accent sur les défis climatiques. L’exode vers la ville continue à se poursuivre, ce qui est une bonne évolution en soi parce que la densification est l’une des solutions au défi climatique. Cependant, les villages ne suivent pas cette tendance. Source d’inquiétude pour bon nombre d’administrations locales, cela s’explique par différents facteurs. Le phénomène de la « périphérisation », qui s’est tellement intensifié à partir des années 60, met aujourd’hui les petits villages sous pression. Les résidents dépendent trop de la voiture et, contrairement aux villes, la masse critique n’est pas suffisante pour renverser la vapeur. La politique urbaine doit par conséquent s’accompagner aussi d’une bonne politique des villages.

Dans la multitude des défis auxquels nous sommes confrontés, les autorités régionales et locales ont besoin de soutien sur différentes pistes. Johan Van Reeth : « La complexité sur le plan de l’urbanisme a beaucoup évolué et, en tant que bureau de conseil multidisciplinaire, nous veillons à une bonne harmonie entre politique énergétique et mobilité, au bon développement des infrastructures, etc. Nous concevons un scénario à long terme dans une démarche co-créative avec les parties prenantes, les administrations et les habitants. L’époque où les urbanistes dessinaient leurs plans dans leur coin est révolue. » Le bourgmestre Ridouani adhère par expérience à l’importance de la participation et de la transparence : « Vous devez impliquer les citoyens, surtout dans les décisions difficiles, et les prendre au sérieux. C’est la seule manière de remporter leur adhésion pour la transition nécessaire. »

En matière de financement, le partenariat privé-public est une piste. Sweco perçoit sur le marché privé une sensibilisation croissante à ne pas se contenter de poursuivre des objectifs commerciaux mais à y associer aussi certains objectifs sociaux. « Ce sont les meilleurs développements, », affirme Johan Van Reeth, « le secteur privé – tandis qu’il construit des projets privés – tient compte également des besoins sociaux, tels que les espaces verts, la mobilité et la production alimentaire. »

En Flandre, les villes dépensent seulement 7 % du budget public. À titre de comparaison : en Scandinavie, ce chiffre atteint environ un quart de celui-ci. Mohamed Ridouani plaide résolument en faveur du renforcement des capacités et de l’autonomie des villes. « Nous progressons par petits pas, même au niveau européen. Les besoins sont connus et les moyens sont là, comme l’a montré clairement la crise sanitaire. Ce qui, à l’origine, était impossible, s’est finalement avéré faisable. La Commission européenne a pu débloquer 750 millions d’euros par des prêts et investissements et des plans de relance sont accordés aux États membres. Quand on veut vraiment, on peut. Positif et constructif, je continue de croire en une nouvelle renaissance du continent européen. »