
Comment rendre un crématorium climatiquement neutre dans un contexte où le gaz naturel reste la norme ? Pour Pontes, il s’agit d’un défi stratégique à fort impact sur les infrastructures, la consommation d’énergie et les investissements. Aujourd’hui, les fours de crémation et les chaudières constituent les principales sources d’émissions de CO₂, tandis que les installations auxiliaires telles que HVAC et l’air comprimé contribuent également de manière significative à la consommation énergétique.
Solutions énergétiques
Crématoriums neutres en CO₂ : la feuille de route de décarbonation de Pontes
La feuille de route de décarbonation développée avec Sweco repose sur une ambition claire : jusqu’à 47 % de réduction des émissions de CO₂ d’ici 2030 et une exploitation totalement sans émissions d’ici 2050. En même temps, cette feuille de route constitue une réflexion structurée, explorant différentes pistes, définissant clairement les contraintes et préparant les investissements futurs, sans tout figer dès aujourd’hui.
Elle propose un cadre flexible avec un large éventail de solutions, permettant d’accompagner les clients dans le choix d’une stratégie de décarbonation parfaitement adaptée à leurs processus, tant sur le plan technique qu’économique.
- Expertise:
- Solutions énergétiques
- Client
- Pontes
- Lieu
- Turnhout, Lommel et Anvers
- Services
- Feuille de route de décarbonation, analyses énergétiques et de CO₂, gestion de l’énergie
Le défi : rendre les crématoriums durables sans émissions de CO₂
La principale source de CO₂ sur les sites de Pontes reste l’utilisation de gaz naturel dans les fours de crémation et les installations de chauffage. À cela s’ajoutent de nombreux systèmes auxiliaires qui génèrent une demande énergétique importante.
Notre étude montre que des optimisations telles que la récupération de chaleur existent déjà, mais fonctionnent souvent de manière sous-optimale en raison de limitations techniques, d’un stockage insuffisant et d’un manque de pilotage intelligent. Par ailleurs, la demande de crémation devrait augmenter à l’horizon 2050, accentuant encore la pression sur la consommation d’énergie et les émissions. Cette combinaison montre clairement que les seules améliorations d’efficacité ne suffisent pas. Une transition structurelle vers l’électrification et les énergies renouvelables est nécessaire.

Du statu quo à une décarbonation maximale
Pour concrétiser cette transition, Sweco a élaboré trois scénarios par site (Turnhout, Lommel et Anvers). Le scénario « business as usual » montre ce qui se passe sans interventions majeures. Le scénario de base regroupe des mesures logiques et économiquement réalisables, tandis que le scénario ambitieux (« stretch ») vise une réduction maximale des émissions de CO₂ grâce à des technologies innovantes. Ces scénarios rendent l’impact des choix concret. Ils illustrent non seulement la réduction potentielle des émissions, mais aussi les investissements, les coûts énergétiques et les implications pour les infrastructures électriques.

L’électrification comme clé de la réduction du CO₂ : rôle de la résomation et des pompes à chaleur
Tous les scénarios aboutissent à une conclusion claire : le passage aux fours de crémation électriques est indispensable. Cette technologie constitue probablement le principal levier de réduction du CO₂.
Des alternatives telles que la résomation — également appelée aquamation — nécessitent encore des recherches scientifiques supplémentaires. La résomation est une méthode dans laquelle le corps du défunt est décomposé à l’aide d’eau et d’hydroxyde de potassium sous haute température (entre 100 et 150 °C) et pression. La consommation énergétique totale, avec ou sans récupération de chaleur résiduelle, doit encore être évaluée et comparée aux autres formes de traitement des corps. Toutefois, il est déjà établi que la résomation est nettement plus efficace énergétiquement que les fours de crémation traditionnels au gaz. Chez Pontes, un projet pilote scientifique d’envergure est en cours, en collaboration notamment avec l’Université d’Anvers, la KU Leuven et VITO, afin d’évaluer plus précisément l’impact environnemental, l’efficacité et la faisabilité pratique.
Les pompes à chaleur constituent un deuxième pilier essentiel. Elles permettent de décarboner les besoins de chauffage des bâtiments et jouent, sur certains sites, un rôle majeur dans la décarbonation.

Un système de gestion de l’énergie pour gérer la capacité du réseau et les pics
La transition vers des systèmes électriques pose un nouveau défi : la capacité du réseau électrique. Sur plusieurs sites, le raccordement au réseau risque de devenir un facteur limitant, notamment avec l’introduction des fours électriques.
C’est pourquoi l’étude de Sweco met en avant l’importance d’un pilotage intelligent. Un système intégré de gestion de l’énergie (EMS) permet de lisser les pics de consommation et d’éviter ainsi des investissements lourds dans le renforcement du réseau. Des solutions telles que les batteries, le partage d’énergie et la gestion de la demande deviennent également de plus en plus pertinentes. Bien qu’elles ne réduisent pas directement les émissions de CO₂, elles rendent l’électrification praticable et économiquement viable.
Orienter les investissements sans bloquer les options futures
La feuille de route montre que la décarbonation n’est pas seulement un défi technique, mais également économique et organisationnel. Des investissements importants sont nécessaires, notamment pour les fours électriques et les résomateurs. Des facteurs externes jouent aussi un rôle clé, tels que la réglementation sur les émissions, l’évolution des prix de l’énergie et la disponibilité d’électricité verte. Les choix stratégiques influencent fortement la trajectoire.
De la feuille de route à la mise en œuvre
La force de cette feuille de route réside dans la combinaison d’une vision à long terme et d’actions concrètes. À court terme, l’accent est mis sur l’efficacité énergétique, les installations photovoltaïques et l’optimisation des systèmes existants. En parallèle, des choix stratégiques sont préparés concernant l’électrification, les fours et les infrastructures. Il est essentiel que la feuille de route reste adaptable. Grâce à des évaluations régulières et à l’intégration de nouvelles technologies, Pontes conserve sa flexibilité dans un marché de l’énergie en rapide évolution.