
Espace Public
La rénovation du Parc du Cinquantenaire à Bruxelles annonce un jubilé national
À l’approche du 200e anniversaire de la Belgique en 2030, le célèbre Parc du Cinquantenaire fait l’objet d’une rénovation en profondeur. L’ambition est claire : faire du parc une véritable bouffée d’oxygène pour la capitale, un lieu de rencontre, de détente et de culture pour les habitants et les visiteurs.
Avec une biodiversité renforcée, une gestion intelligente de l’eau, une mobilité durable et une vision claire du confort d’usage, le parc redevient un maillon essentiel du tissu urbain.
- Client
- Ministère de la Région de Bruxelles-Capitale
- Lieu
- Bruxelles
- Expertise
- Vision paysagère et écologie, adaptation et atténuation climatique, conception des réseaux d’eau et d’assainissement
- Partenaires
- Bureau de conception Michel Pauwels, OMGEVING
À la demande du Ministère de la Région de Bruxelles-Capitale, Sweco collabore avec Michel Pauwels et OMGEVING pour redévelopper le Parc du Cinquantenaire. Sweco est chargé de la conception et du développement technique de la vision paysagère, avec une attention particulière portée à l’écologie, à l’adaptation climatique et à la gestion durable de l’eau. Grâce à une approche intégrée, le parc est repensé comme un espace accessible, résilient et multifonctionnel, répondant aux besoins contemporains de la ville et de ses habitants.
Notre vision s’inspire de l’idée d’un « Central Park pour Bruxelles » : un espace vert ouvert, lieu de rencontre à la fois local et métropolitain. Cette ambition se traduit par un projet concret qui respecte les structures historiques tout en intégrant des fonctions modernes, des interventions climatiques robustes et des infrastructures durables.

Vision globale respectueuse du patrimoine
La rénovation repose sur une vision globale qui redessine le parc comme un lieu de rencontre moderne, sans négliger sa valeur historique. La structure existante reste reconnaissable, mais est enrichie de nouvelles fonctions. L’arc de triomphe et les entrées monumentales des musées sont mises davantage en valeur, avec des perspectives améliorées et un réaménagement des places environnantes. L’axe métropolitain entre Schuman et Merode bénéficiera d’une connexion souterraine, améliorant l’accessibilité du parc et réduisant la pression du trafic en surface.

Le Parc du Cinquantenaire comme symbole national
Le Parc du Cinquantenaire a été aménagé en 1880 pour célébrer le cinquantième anniversaire de l’indépendance belge, à l’initiative du roi Léopold II. Le site devait insuffler à la jeune Belgique un sentiment de fierté nationale et de progrès. Conçu comme un site d’exposition, le parc est devenu un symbole de l’État belge, avec une architecture monumentale, des musées et des espaces ouverts pour les événements publics.
Au centre du parc se dresse l’arc de triomphe emblématique, achevé en 1905, qui relie symboliquement les provinces belges. L’arc, les arcades et les bâtiments environnants forment un ensemble architectural impressionnant de style néoclassique. Autour de l’arc se trouvent trois musées majeurs : le Musée Royal de l’Armée et d’Histoire Militaire, le musée Autoworld et l’Institut Royal du Patrimoine Artistique et Historique. Ces institutions attirent chaque année des centaines de milliers de visiteurs, faisant du parc un pôle culturel incontournable.
Au fil des années, le Parc du Cinquantenaire a été le théâtre de nombreux événements historiques : expositions universelles, parades militaires, fêtes nationales et manifestations internationales. Il est aussi devenu un lieu prisé des Bruxellois pour se promener, faire du sport ou simplement se détendre. Aujourd’hui, près d’un siècle et demi après sa création, le parc entame une nouvelle phase. La rénovation prévue renoue avec l’ambition originelle du parc : créer un lieu qui relie la ville.

Réaménagement écologique pour renforcer la biodiversité
Les nouveaux schémas de plantation sont adaptés aux défis écologiques de la Région de Bruxelles-Capitale. Deux larges bandes de gazon à l’entrée du parc ont déjà été transformées en prairies fleuries, avec un mélange de bulbes et de graines assurant une floraison continue du début du printemps jusqu’à l’automne. Ces zones sont délimitées par des haies basses et des clôtures discrètes, offrant un refuge aux insectes, oiseaux et petits mammifères.
Autour des arbres monumentaux, le sol est enrichi avec un substrat spécial et les chemins sont rétrécis pour soulager les zones racinaires. Au pied des arbres, une végétation basse est plantée pour limiter l’évaporation et retenir l’eau. En parallèle, la population d’arbres est rajeunie : les spécimens malades ou vieillissants sont progressivement remplacés par des espèces résistantes au climat, sur une période de vingt ans.


Gestion de l’eau pour retenir les eaux pluviales dans le parc
La gestion des eaux pluviales est entièrement repensée. L’eau des toits environnants est récupérée dans des citernes souterraines et utilisée pour l’irrigation des plantations pendant les périodes sèches. Le système d’arrosage existant est remplacé par un système automatique avec des conduites renouvelées. Les chemins sont réalisés en revêtement semi-perméable, permettant l’infiltration locale de l’eau de pluie. Le revêtement autour du pavillon des retraités est également remplacé par un sol perméable.
Des jardins de pluie sont aménagés dans tout le parc : des zones en creux avec des plantations où l’eau de pluie est temporairement stockée et s’infiltre lentement dans le sol. Aux abords du parc, le long de l’avenue de l’Yser, de l’avenue des Nerviens et de l’avenue de la Joyeuse Entrée, des fossés d’infiltration assurent un tampon supplémentaire. Ainsi, l’eau de pluie reste au maximum dans le parc et le risque d’inondation est réduit.
Sport et détente en harmonie avec le design du parc
Les zones sportives et de jeux existantes sont entièrement repensées et mieux intégrées dans le paysage. La piste d’athlétisme actuelle, peu connectée au reste du parc, est raccourcie à 330 mètres et rétrécie à 45 mètres. Cela permet de prolonger l’allée arborée de l’axe Horta jusqu’à la Halle Bordiau.
Au centre de la piste, deux terrains multisports en gazon synthétique sont installés, adaptés au yoga, slackline et autres sports récréatifs. Dans le virage de la piste, une zone est dédiée aux disciplines d’athlétisme comme le saut en longueur et le lancer du poids. À côté de la piste, deux terrains sont aménagés pour les sports de balle, suivis de deux rangées totalisant quatorze terrains de pétanque. Les aires de jeux sont adaptées aux différents groupes d’âge et profils d’utilisateurs, avec conservation des équipements encore en bon état.
Matériaux durables et choix circulaires
L’infrastructure du parc bénéficie d’une mise à niveau durable. Toutes les zones asphaltées sont remplacées par de la pierre naturelle, notamment autour des musées, à l’entrée de la rue de la Loi et sur la place de l’avenue de Tervuren. Cela améliore non seulement la qualité esthétique mais aussi la perméabilité à l’eau. Une grande partie du mobilier urbain existant est conservée et réparée si nécessaire. La signalétique est entièrement renouvelée, avec des panneaux clairs et sobres guidant intuitivement les visiteurs dans le parc.


Éclairage économe en énergie et respectueux de la faune
L’éclairage du parc est entièrement renouvelé avec des luminaires économes en énergie. L’avenue centrale entre la rue de la Loi et l’avenue de Tervuren, ainsi que les deux chemins longeant les musées, restent éclairés toute la nuit. Les autres chemins sont éclairés jusqu’à minuit, respectant le repos nocturne de la faune et limitant la pollution lumineuse.
En 2021, les musées ont déjà reçu un éclairage de façade. Ce projet met également en valeur d’autres éléments patrimoniaux tels que la tour Beyaert, le pavillon Horta, les exèdres et la façade nord de la Halle Bordiau, les rendant visibles le soir sans dominer le parc.
