02/04/2025

Temps de lecture :11min

Sweco Belgium

Imaginez une ville où l’on se déplace facilement et sans souci, avec moins de circulation, un air plus pur et plus d’espaces verts. Un avenir dans lequel la mobilité durable ne profite pas qu’au climat mais aussi à notre santé, à notre qualité de vie et à la sécurité routière. Cet avenir est à notre portée, mais nous devons faire les bons choix dès maintenant. L’urbanisme joue un rôle clé sur ce point mais à court terme, il est également possible de prendre des mesures concrètes qui peuvent faire une grande différence. Nos experts en mobilité expliquent comment nous pouvons bâtir un environnement de vie intelligent, sain et durable.

Une mobilité fluide et sûre

Chez Sweco, c’est une question que nous nous posons tous les jours : comment faire en sorte que nous puissions nous déplacer facilement et en toute sécurité dans les villes et communes ? L’enjeu va au-delà de la mobilité. Il s’agit également de créer un cadre de vie agréable et sain, où il fait bon vivre, travailler et faire ses courses. « La réponse réside dans la manière dont nous organisons notre mobilité », expliquent Ward Ronse et Jeroen Bastiaens, chefs d’équipe Traffic & Mobility .

Nous pouvons atteindre ces objectifs en rendant nos modes de déplacements plus durables : c’est ce qu’on appelle le transfert modal », explique Ward. La mobilité durable n’est souvent envisagée que sous l’angle de la problématique climatique. Or, elle va bien au-delà de cela. « Il s’agit de pouvoir se déplacer en toute sécurité et confortablement dans une ville où il fait bon vivre, où les nuisances sonores et les embouteillages sont réduits à un minimum et où la pollution atmosphérique est la plus faible possible.

Ward Ronse, Teammanager Traffic & Mobility

L’impact positif de l’amélioration de la durabilité de nos déplacements sur l’accessibilité des villes et des communes est souvent sous-estimé. Plus les gens opteront pour le vélo, les transports en commun ou la marche, plus la circulation des voitures et des camions sera fluide. Jeroen : « Même si de nombreux trajets peuvent facilement être effectués par d’autres moyens, la voiture ou le camion restent indispensables dans certaines situations. Le transfert modal nous permet de libérer de l’espace pour ces trajets essentiels. »

Notre façon de nous déplacer aujourd’hui est le résultat de la vision que nous en avions dans les années 1960 et 1970. « Ce fut une période cruciale, durant laquelle énormément de bâtiments et d’infrastructures ont été construits. Sauf qu’à l’époque, l’asphalte occupait le devant de la scène, car la voiture était reine. Nous en subissons encore les conséquences mais heureusement, la mentalité actuelle est totalement différente », explique Jeroen.

Malheureusement, l’aménagement du territoire et les infrastructures ne se changent pas en un clin d’œil. C’est un travail de longue haleine qui peut même s’étendre sur des décennies. « Mais cela n’empêche pas de s’y mettre dès aujourd’hui », ajoute Ward.

Infotram_©-Gentspoort

Les moteurs de la mobilité durable

Différents facteurs font aujourd’hui de la mobilité durable un sujet figurant en tête des agendas. Les embouteillages, qui recommencent à augmenter après avoir diminué pendant la période du coronavirus, sont perçus par la plupart des gens comme le principal problème de mobilité.

La santé et la sécurité routière occupent une place de plus en plus importante, et ce à juste titre. Mobilité saine et mobilité sûre vont de pair, car plus nous nous déplacerons à pied, à vélo ou en transports en commun, plus nos rues et espaces publics seront sûrs.  Saviez-vous que l’on a recensé en Belgique, en 2023, plus de 45 000 victimes de la route (blessés et tués) ? L’impact sur notre société est inimaginable.

Les piétons, les cyclistes et les usagers des transports en commun bougent davantage que les automobilistes. Plus de mobilité durable, c’est donc aussi une population en meilleure santé. Bouger nous permet d’être en meilleure forme physique et facilite également les échanges avec les voisins, ce qui renforce la cohésion sociale et notre bien-être mental.

Le concept de ville du quart d’heure

Parmi tous ces facteurs, il est clair que l’espace et la mobilité sont inextricablement liés. Ward : « Il est temps de renoncer à l’idée dépassée qui consiste à séparer autant que possible les fonctions et les infrastructures et de revenir à une combinaison des fonctions et à la proximité.  , car elles se rendent compte que la proximité crée des quartiers vivants tout en réduisant le trafic automobile. La proximité est en effet la meilleure forme de mobilité.

Trop souvent encore en Belgique, les bureaux, les entreprises et les commerces sont construits en dehors du centre des villes ou des villages, ce qui est malheureusement une conséquence de nos plans régionaux obsolètes. Tout ce dont vous avez besoin au quotidien devrait être accessible dans les 15 minutes à pied ou à vélo depuis chez vous.

Jeroen Bastiaens, Teammanager Traffic & Mobility

L’interdépendance joue également un rôle à cet égard : des fonctions telles que vivre, travailler, apprendre et se détendre ont tout intérêt à être proches les unes des autres. Ward : « Chez certaines personnes, cela évoque tout de suite l’épouvantail de la mégalopole, mais ce n’est pas de cela qu’il s’agit.

Chez Sweco, nous aidons les villes et les communes dans ce domaine : la mobilité forme toujours une composante importante de l’élaboration d’un plan de politique territoriale. Les projets qui nous sont confiés sont de tous types et de toutes dimensions : d’Anvers à Saint-Nicolas en passant par Tremelo. Jeroen : « Chaque commune possède ses propres défis en matière d’urbanisme et de mobilité, que nous tâchons de relever ensemble dans un plan de politique. Nous intervenons également à plus petite échelle : nous aidons les promoteurs à privilégier des emplacements durablement accessibles et à favoriser l’imbrication de l’habitat, du travail, des écoles et des services. »

Ward : « Le site CAT de Vilvorde en est un bon exemple. Il s’agit d’une friche industrielle près de la gare de Vilvorde, où seront construits de nouveaux logements, des magasins, un hôpital et des entreprises dans les années à venir.

Choix en matière d’infrastructures et mobilité en chaîne

L’aménagement du territoire est un aspect majeur mais les infrastructures sont au moins tout aussi importantes. Si nous adaptons nos infrastructures aux nouveaux concepts, nos équipes de mobilité vont également devoir réfléchir à la manière dont nous nous déplacerons à l’avenir. Ward : « Comment circulerons-nous aux alentours de 2040 ? Nul ne peut prédire l’avenir mais il est essentiel de réfléchir à l’espace que nous devons créer pour les piétons, les cyclistes, les bus et les trams, ainsi qu’à l’espace que nous voulons encore réserver aux voitures. »

Jeroen : « Ces choix ne doivent pas être faits rue par rue, mais selon une vision globale du réseau. Quoi qu’il en soit, il convient de réduire la dépendance à la voiture. Nous observons déjà que la possession d’une voiture personnelle fait de plus en plus place à des formules de partage liées à un abonnement, en particulier chez les jeunes. »

Il convient également d’envisager la mobilité en chaîne. Jeroen : « Nous partons de chez nous à vélo pour nous rendre à une gare, puis nous utilisons une trottinette partagée pour rejoindre notre lieu de travail. Ceci ne peut fonctionner que si ce processus est fluide, confortable et sans difficulté. Et si l’offre de vélos et de trottinettes, par exemple, est suffisamment importante, et que les itinéraires à vélo et à pied vers et depuis la gare sont attrayants et sûrs. »

Chez Sweco, nous concevons des  où les piétons, les cyclistes et les transports publics jouent un rôle prépondérant, ainsi que des points de correspondance vivants où les gens peuvent changer de mode de transport rapidement et sans obstacle.

Sweco

Les conséquences de l’électrification

L’électrification de notre parc automobile bat aujourd’hui son plein et va encore s’accélérer dans les années à venir. Obliger tout le monde à conduire une voiture électrique ne résoudra pas nos problèmes mais cela nous force à réfléchir, par exemple, à l’infrastructure de recharge.

Ward : « Où devons-nous installer les stations de recharge ? En les étendant aux parkings de quartier, on réduit la densité de stationnement dans les rues résidentielles environnantes et l’on crée de l’espace pour plus d’espaces verts, des trottoirs plus larges et des parkings à vélos sécurisés. Les parcs de charge peuvent devenir des tampons énergétiques locaux, capables d’absorber intelligemment les pics de demande d’énergie temporaires. »

Le plan de mobilité comme fil rouge

Un plan de mobilité regroupe l’ensemble des aspects que nous venons d’évoquer. Ward : « Dans un tel plan de mobilité, nous définissons nos objectifs, une vision claire et des actions concrètes conjointement avec les communes, les villes et les régions de transport. Nous avons ainsi élaboré un plan de mobilité pour les communes de l’agglomération de Turnhout (sous le nom de Kordia), qui leur sert de fil conducteur pour le déploiement de leurs itinéraires cyclables supralocaux. »

Les plans à long terme sont importants mais ils ne doivent pas monopoliser toute l’attention. Nous pouvons également faire la différence à court terme. Jeroen : « Nous accompagnons les parcs d’affaires, comme celui d’Eiland Zwijnaarde à Gand,  dans l’amélioration de leur accessibilité et aidons les promoteurs à adapter les options de mobilité d’un site au programme et au contexte.

Qui plus est, d’immenses chantiers nous attendent dans les années à venir : l’Oosterweel à Anvers, le R0 à Bruxelles et le R4 à Gand. Ces chantiers vont occasionner d’importantes perturbations  à de nombreux endroits cruciaux de notre réseau routier. Nous devons tirer parti de ces situations pour investir dans des avancées rapides en matière de vélo et de transports publics, de manière à pouvoir proposer des alternatives aux gens. »

Cela nécessite une coordination minutieuse entre les pouvoirs publics et les prestataires de transport, ainsi qu’une collaboration avec les entreprises qui s’engagent dans la stimulation du transfert modal. Nous pouvons ainsi limiter structurellement l’effet de la nuisance, plutôt que de ne prendre des mesures que lorsque les travaux ont déjà commencé.

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Du virage mental au transfert modal

La bonne nouvelle, c’est que les responsables politiques sont désormais également enclins à partager cette vision. Ward : « Les fonctionnaires et les bourgmestres sont généralement déjà convaincus des avantages du transfert modal et de nombreux citoyens soutiennent également cette idée. Il reste toutefois beaucoup à faire, ce qui implique de susciter une large adhésion et de sensibiliser les gens. La participation est un aspect crucial dans tous nos projets. Le changement modal commence par un changement mental : adopter une autre vision des choses et oser le changement. »

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