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kaart van project Geel

12 octobre 2026

Temps de lecture :12min

Sweco Belgium

Comment les contrats-cadres aident les pouvoirs locaux à relever les défis spatiaux

Comment un pouvoir local peut-il répondre aux défis spatiaux lorsque les besoins évoluent constamment ? Et quelle est la valeur ajoutée d’un contrat-cadre dans ce contexte ? Peter van der Poort, planificateur stratégique, et Arnout Vandenbossche, urbaniste, ont échangé leurs points de vue sur cette question.

Leur constat est clair : un contrat-cadre est bien plus qu’une formule pratique pour organiser des missions. Il offre aux pouvoirs locaux et à nos experts la marge de manœuvre nécessaire pour aborder des enjeux complexes étape par étape, mobiliser les compétences adéquates de manière ciblée et relier des projets ponctuels à une vision plus large de la ville ou de la commune. C’est également une forme de collaboration qui permet d’apprendre à connaître en profondeur tant les partenaires que leur contexte local spécifique.

Commencer par poser les bonnes questions

Les pouvoirs locaux sont rarement confrontés à une seule question clairement délimitée. Un dossier lié au logement touche rapidement à la densification, à l’accessibilité financière et à la mobilité. De même, une problématique relative à l’activité économique a des répercussions sur l’occupation du sol, le patrimoine immobilier et la qualité du cadre de vie.

« Nos clients ne s’adressent généralement pas à nous avec une définition de projet entièrement élaborée, mais plutôt avec un problème à résoudre », explique Arnout Vandenbossche. « Nous commençons alors par écouter leurs besoins et leurs ambitions, par engager le dialogue et par préciser ce dont ils ont réellement besoin. S’agit-il d’une étude spatiale ciblée ? D’une proposition de conception plus aboutie ? Ou faut-il d’abord explorer l’enjeu dans une perspective plus large et travailler à une vision stratégique ? »

Les pouvoirs locaux sont les couteaux suisses de l’action publique : ils sont censés comprendre des défis très divers, élaborer des solutions et les mettre immédiatement en œuvre. Un accompagnement flexible et pragmatique en matière de politique spatiale peut alors réellement faire la différence, tant pour les élus que pour l’administration.

Peter van der Poort, planificateur stratégique

Un cadre capable d’évoluer

Un contrat-cadre permet aux pouvoirs locaux de faire appel, sur une période plus longue, à un accompagnement pour des missions très diverses. Celles-ci peuvent être de petite ou de grande ampleur, stratégiques ou orientées vers la mise en œuvre. Les pouvoirs locaux ne disposent pas toujours de toutes les expertises en interne, ni du temps nécessaire pour définir immédiatement la mission avec précision. C’est précisément dans ce cas qu’un contrat-cadre prend tout son sens : toutes les questions ne doivent pas être arrêtées dans les moindres détails dès le départ. Avec le pouvoir local, nous construisons progressivement les bonnes questions — et les bonnes réponses.

« L’avantage d’un contrat-cadre, c’est qu’il permet d’ajuster, d’actualiser et de tenir compte de nouvelles connaissances tout au long de son exécution », explique Peter van der Poort. « Il faut cependant toujours garder à l’esprit les objectifs plus larges du pouvoir local », ajoute Arnout.

Cette flexibilité ne fait pas seulement gagner du temps. Elle évite aussi qu’une administration doive, à chaque nouveau dossier, réexpliquer l’ensemble du contexte, de l’historique et de ses ambitions. Au fil de la collaboration, nos équipes acquièrent une connaissance approfondie de la commune ou de la ville, qu’elles peuvent immédiatement mobiliser lorsqu’une nouvelle question se présente.

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Créer de la cohérence entre les projets

La grande valeur ajoutée d’un contrat-cadre réside également dans sa capacité à créer des liens. Le logement, la mobilité, l’espace public, l’adaptation climatique, l’économie, le tourisme et le patrimoine ne sont pas des domaines d’action isolés. Tous ces éléments déterminent ensemble le fonctionnement et le développement d’une commune.

« Un projet qui se présente initialement comme une demande isolée peut ainsi s’inscrire dans un enjeu politique plus vaste », souligne Peter. « Il n’est pas nécessaire de repartir de zéro à chaque fois. On évite ainsi que différentes études ou différents projets coexistent sans se renforcer mutuellement. »

« L’enjeu consiste à réunir les différentes ambitions d’une administration et à les traduire en une vision commune et fédératrice, mais aussi en actions concrètes », complète Arnout. « Il ne s’agit pas seulement d’apporter un soutien mission par mission, mais aussi de veiller à ce que les missions se renforcent mutuellement sur le fond. C’est là que réside, à mes yeux, toute la valeur ajoutée d’une telle collaboration. »

La bonne expertise au bon moment

Les enjeux spatiaux nécessitent souvent plusieurs angles d’approche. Dans le cadre d’un contrat-cadre, nos équipes réunissent des compétences en conception spatiale, recherche par le projet, études de faisabilité, planification directrice et conseil stratégique. Selon les besoins, les dimensions financières, patrimoniales et programmatiques peuvent également être prises en compte.

Nous accordons une grande importance aux démarches de co-création sur mesure, à la structuration de la concertation ainsi qu’à une communication et une participation ciblées. Chaque mission constitue, pour nous, un processus collectif et intégré de dialogue et de conception.

Il ne s’agit pas de mobiliser un maximum de disciplines simultanément, mais de réunir autour de la table les bonnes compétences au bon moment. Une vision spatiale met en lumière les qualités et les potentialités d’un lieu. Une étude de faisabilité permet ensuite de déterminer quelles ambitions sont réalistes sur les plans spatial, financier ou programmatique. Des outils tels qu’un plan d’exécution spatial, un règlement, une procédure de permis ou un dossier de subvention permettent ensuite d’ancrer ces ambitions.

« La conception n’est pas une finalité en soi », explique Arnout. « C’est une manière d’explorer les choix spatiaux, de les visualiser et d’en débattre. En représentant différents scénarios, on peut montrer ce que signifie la densification dans un lieu donné, comment une liaison verte complète un réseau ou quelle plus-value publique et quel effet de levier un développement peut générer pour la structure plus large d’une commune. »

Ce n’est parfois que plus tard que l’on mesure l’impact de son travail. Revenir dans un lieu et constater qu’une vision continue à orienter de nouveaux projets est particulièrement précieux.

Arnout Vandenbossche, urbaniste

La confiance se construit autour de la table et sur le terrain

Un contrat-cadre ne peut fonctionner que si la confiance règne entre toutes les parties. Cela implique que nos équipes soient disponibles, transparentes et engagées. Elles ne se limitent pas aux réunions : elles vont également sur le terrain. Elles apprennent ainsi à connaître le contexte spatial et à comprendre ce qui se vit dans une commune ou une ville.

« Un pouvoir local perçoit immédiatement la différence lorsque vous connaissez son contexte », affirme Peter. « Il faut être proche du terrain et capable de réagir rapidement. Lorsque la confiance est là, il devient aussi possible de réfléchir ensemble au-delà de la demande initiale. » Cela permet d’explorer de manière informelle certaines orientations stratégiques, évitant ainsi à l’administration de se retrouver face à des surprises. Sur le plan politique, c’est un réel facteur de sérénité.

Les ateliers et les moments de concertation intensive jouent un rôle essentiel à cet égard. Ils permettent de réunir, de manière accessible, des perspectives variées : celles des collaborateurs chargés des politiques publiques, des services administratifs et des échevins, mais aussi des concepteurs et des experts. Une question relative aux infrastructures sportives peut ainsi être mise en relation avec le patrimoine, l’accessibilité ou l’espace public.

« Le réflexe doit être de penser au-delà du projet », estime Arnout. « Il ne faut pas seulement répondre à la question concrète, mais aussi examiner la manière dont elle s’inscrit dans son environnement plus large, dans les autres projets et dans une politique cohérente à l’échelle du quartier, de la ville et de la région. »

En pratique

Trois exemples de projets montrent comment cette approche aide concrètement les pouvoirs locaux à progresser.

Bocholt : des fondations pour l’avenir

À Bocholt, deux contrats-cadres sont menés en parallèle : l’un porte sur les plans d’exécution spatiale et les instruments d’aménagement du territoire ; l’autre se concentre davantage sur la politique spatiale et la conception. L’examen conjoint de ces missions a permis de mettre en relation des thèmes tels que l’activité économique, le développement touristique et récréatif, le sport, l’immobilier et le patrimoine.

La question d’un plan de politique spatiale a également été abordée. Il est rapidement apparu qu’un processus aussi vaste ne constituait pas, à ce stade, la première étape la plus réaliste. Une étude ciblée sur le logement, la densification et la délimitation des noyaux d’habitat offrait en revanche des perspectives concrètes. Cette étude apporte non seulement des enseignements directement exploitables, mais elle constitue également une base pour une future vision à long terme.

En envisageant ces différents défis de manière cohérente, l’administration peut construire plus efficacement une image d’avenir plus large : celle d’un Bocholt vivant, dynamique et attractif.

Lommel : une promenade verte comme point de départ

Lommel : une promenade verte comme point de départ

À Lommel, une vision pour une promenade verte dans le centre-ville a servi de point de départ. L’ambition était de rendre le centre plus qualitatif, plus vert et plus résilient face au changement climatique. Mais cette question de conception a rapidement fait émerger d’autres thèmes. Quelles formes de densification correspondent à la ville et renforcent l’attractivité de son centre ? Quelles typologies de logements sont nécessaires à la lumière des évolutions démographiques et des objectifs sociaux ? Et comment renforcer la relation entre le centre-ville et le paysage environnant ?

La Promenade verte a ainsi associé une vision et une politique de développement d’un réseau urbain vert dédié aux mobilités douces au cœur de la ville à une stratégie de développement pour les espaces intérieurs.

Dans le cadre de missions complémentaires, nous avons également élaboré une charte succincte pour la Promenade verte, destinée à l’aménagement de l’espace public. Nous avons par ailleurs conçu, à titre de projet pilote, une traversée verte stratégique reliant la Kerkstraat, principale rue commerçante de Lommel, au projet de rénovation urbaine Mudhoven.

L’enjeu de la densification a, quant à lui, donné naissance à une vision des densités, qui a permis de cartographier, pour l’ensemble de Lommel, les zones à densifier ou, au contraire, à moins densifier. Le renforcement de la relation avec le paysage environnant a conduit au concept de la « Ville-parc verte » : un chapelet d’espaces verts autour du centre de Lommel.

visie van de stad Lommel - Groene Wandeling

Genk : une vision stratégique construite au fil des projets

Genk : une vision stratégique construite au fil des projets

Nous sommes engagés depuis longtemps aux côtés de Genk, ce qui nous a permis d’acquérir une connaissance très fine de la ville. Nous y menons actuellement un contrat-cadre qui combine recherche spatiale par le projet et accompagnement dans l’élaboration de plans d’exécution spatiale. Nous gardons également un excellent souvenir de notre précédente collaboration de longue durée, dont le point d’orgue a été la publication Genk, rasterstad. BUUR (Sweco) en a assuré le contenu et la rédaction, aux côtés de Joeri De Bruyn (Public Space).

Avec la vision « Rasterstad Genk », nous avons développé, pour Genk — une ville flamande atypique constituée d’un assemblage de lieux, de quartiers et d’infrastructures — un paysage urbain cohérent offrant un cadre spatial solide aux développements actuels et futurs de la ville. En intégrant la structure urbaine élargie dans chaque nouvelle mission du contrat-cadre, cette vision a progressivement pris forme.

La vision stratégique à long terme n’était donc pas entièrement définie dès le départ : elle s’est construite au fil de missions successives et interconnectées. Nous sommes heureux de constater que les concepts de Genk, rasterstad constituent toujours le cadre spatial de nombreuses visions et de nombreux projets de la ville, et qu’ils continuent d’être enrichis, actualisés et renforcés.

visie RO Genkt

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