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De parkeerladder: grip op parkeerbeleid, trede per trede

18 septembre 2026

Temps de lecture :17min

Sweco Belgium

La politique de stationnement est l’un des rares domaines dans lesquels une commune maîtrise elle-même tous les leviers. Elle détermine aussi l’espace qui reste disponible pour les personnes. Une politique intelligente permet de végétaliser les rues, de rendre les quartiers commerçants plus attractifs, de réduire le trafic à la recherche d’une place et d’encourager la mobilité durable. L’impact est considérable : jusqu’à 30 % du trafic urbain est constitué d’automobilistes cherchant à se garer. Moins de voitures qui tournent en rond, c’est donc une meilleure qualité de vie pour les habitants et les visiteurs.

Il faut l’admettre : « le stationnement, c’est un combat », nous a dit un jour un fonctionnaire de la mobilité. « Une politique de stationnement, c’est un suicide politique », a ajouté un échevin, avant de la mettre tout de même en œuvre parce qu’il estimait qu’elle était nécessaire. Pour eux, et pour toutes les personnes travaillant dans une administration communale qui se reconnaissent dans ces propos, nous avons rédigé ce Expert Talk sur une politique de stationnement proactive : une échelle de six niveaux, du comptage à la construction. Il ne s’agit pas de tout faire d’un seul bond, mais de commencer de manière plus ciblée.

Tijs Veyt, Expert en politique de stationnement chez Sweco

De parkeerladder: grip op parkeerbeleid, trede per trede

Pourquoi la politique de stationnement donne aux communes autant de leviers locaux

Ces deux déclarations résument ce que nous constatons sans cesse dans les projets de stationnement. Le fonctionnaire a raison : le stationnement est un combat, car chaque mètre carré d’espace public ne peut être attribué qu’une seule fois et chacun estime que sa demande est évidente : l’habitant, le commerçant, le visiteur, le prestataire de soins ou l’entrepreneur avec sa camionnette.

L’échevin a lui aussi partiellement raison : aucun sujet local ne suscite aussi systématiquement des plaintes avant que les résultats ne deviennent visibles. Lorsqu’une zone bleue est instaurée, les mécontentements précèdent de plusieurs mois l’amélioration de la rotation dans le centre commerçant. Ce n’est pas un défaut du sujet, mais sa structure. La connaître permet d’anticiper.

Face à ce combat, une réalité sobre s’impose : nulle part ailleurs dans la politique de mobilité une commune ne décide autant par elle-même. Les transports publics, la fiscalité et la plupart des routes régionales sont décidés ailleurs. Mais qui peut se garer où, combien de temps, à quel prix et à quelles conditions relève du conseil communal.

Ce levier a une grande portée. Chaque place en voirie occupe dix à quinze mètres carrés d’espace public ; une voiture reste immobile plus de 95 % de sa vie et passe environ 80 % de son temps au domicile de son propriétaire. La politique de stationnement détermine donc directement la répartition de l’espace rare entre voitures garées, trottoirs, stationnement vélo, terrasses et verdure. Elle touche à la sécurité routière aux abords des écoles, à l’accessibilité des centres commerçants, au coût du logement, aux finances communales et, depuis peu, à la transition énergétique. Peu de domaines combinent autant d’impact et d’autonomie locale.

Cette combinaison rend précisément le dossier si lourd : de grandes attentes dans le domaine où la commune possède le plus de compétences, avec des plaintes qui arrivent toujours avant les résultats. La fatigue liée au stationnement est donc parfaitement rationnelle. Mais elle repose sur une erreur : croire que ne pas décider est neutre. Sans politique, l’espace public est distribué selon une seule règle — premier arrivé, premier garé — et financé par les moyens généraux. Ce coût ne figure dans aucun plan pluriannuel. Commençons donc par là.

Photo : © Eva Vermeylen – Au-delà du réflexe parking : Gavere démontre la force d’une conception intégrée

La subvention cachée du stationnement

Une place publique en surface coûte facilement 500 € par an à une commune : amortissement de l’aménagement, entretien et occupation de dix à quinze mètres carrés de terrain. Les coûts d’organisation — horodateurs, signalisation, logiciels et contrôle — s’y ajoutent. En contrepartie, l’utilisateur ne paie généralement qu’une fraction de cette somme, voire rien du tout.

La différence est une subvention. Une commune disposant de 2 000 places publiques supporte ainsi chaque année environ 800 000 à 1 million d’euros, sans vote conscient du conseil communal, sans inscription dans un plan pluriannuel et avec un renouvellement tacite annuel. Cette subvention ne bénéficie en outre qu’à une partie de la population : 28 % des ménages belges ne possèdent pas de voiture. Dans des villes comme Anvers, Louvain et Ostende, cette proportion dépasse 40 % ; dans la Région de Bruxelles-Capitale, elle dépasse la moitié.

Une politique proactive consiste essentiellement à rendre cette subvention visible et à la gérer consciemment : où voulons-nous la maintenir, où la réduire et où réinvestir les recettes ? La réforme ne doit pas se faire en une fois. Elle avance nécessairement étape par étape. Mais elle commence par le courage de faire le calcul.

De parkeerladder: grip op parkeerbeleid, trede per trede

© Bram Goots – Meunierstraat Leuven

Une échelle, pas un bond

La suite de cet article présente une échelle en six niveaux : mesurer, gérer le temps, attribuer les droits, fixer les tarifs, organiser la recharge et construire. L’ordre n’est pas arbitraire : chaque niveau rend le suivant possible. Il n’est pas nécessaire d’atteindre le sommet. Une commune de 15 000 habitants qui maîtrise les trois premiers niveaux mène une meilleure politique qu’une grande ville qui promet un bâtiment au sixième niveau sans avoir réglé le quatrième. Il faut surtout éviter que les niveaux se contredisent : c’est le piège le plus fréquent et le plus coûteux.

L’échelle du stationnement : maîtriser sa politique, étape par étape

Niveau 1 : mesurer et gérer, l’étape qui s’autofinance

Le premier niveau n’est pas une mesure, mais la connaissance : un inventaire de l’offre, nombre de places, régime applicable, nombre et type d’autorisations par zone, complété par une étude à trois ou quatre moments pertinents, comme le jour du marché, un samedi commerçant, un soir où les habitants sont chez eux et la sortie des écoles.

Le coût est modeste : quelques semaines de travail en interne ou de quelques milliers à environ 10 000 € en cas d’externalisation. Le rendement est disproportionné, car la pression mesurée diffère souvent de la pression ressentie. Une rue jugée chaotique peut disposer d’une réserve confortable, tandis qu’une zone peu contestée dépasse structurellement le seuil critique d’environ 85 %, à partir duquel commencent la recherche de places et le stationnement irrégulier. Les données déplacent le débat de « ma rue est invivable » vers « la zone trois atteint 92 %, la zone cinq 60 % ».

Pour aller plus loin, transformez les instantanés en outil de gestion. Enregistrez capacités et régimes dans un environnement SIG afin que chaque projet de réaménagement commence avec des données. Cette base permet aussi une communication honnête avec les quartiers et constitue la condition préalable à des listes d’attente ou à des règles de priorité pour les autorisations.

Niveau 2 : gérer par le temps, l’horloge décide

La première véritable mesure est la plus simple : limiter la durée de stationnement grâce à une zone bleue autour du cœur commerçant, d’une école ou d’une gare. Le principe tient en une phrase : le temps guide l’automobiliste. Un visiteur occasionnel est peu influencé par un ticket de 2 €, mais une limite de deux heures rend la place inadaptée à un employé qui souhaite y rester huit heures, tout en la maintenant disponible pour un client qui en a besoin quarante minutes. C’est l’horloge, pas la caisse, qui met le bon usager au bon endroit.

Le coût visible se limite à la signalisation et à la communication. Le véritable coût réside dans le contrôle. Une zone bleue sans contrôle devient lettre morte en six mois.

Deux pièges sont classiques. Premièrement, une zone trop petite repousse la pression vers la première rue libre. Dessinez dès le départ le centre et sa couronne. Deuxièmement, n’attendez pas que les exceptions se présentent au guichet. Prestataires de soins, enseignants et opérateurs d’autopartage ont des besoins légitimes qui exigent une politique de droits et des moyens administratifs à prévoir.

Niveau 3 : gérer par les droits, l’avion en surréservation

C’est le niveau le plus difficile : la politique relative aux cartes de riverain et autres autorisations. Les questions sont simples — qui reçoit une carte, combien par ménage et à quel prix — mais leur somme détermine si le reste fonctionne. Dans certaines zones étudiées, plus de cartes circulent qu’il n’existe de places. Chaque carte est une promesse. Promettre plus de sièges qu’il n’en existe revient à exploiter un avion structurellement en surréservation. La frustration est appelée « problème de stationnement », alors qu’il s’agit d’un « problème d’attribution ». Une zone bleue ne peut plus le corriger.

Bonne nouvelle : il s’agit de l’étape la moins coûteuse. Modifier un règlement-redevance nécessite un conseil communal et quelques mois, pas d’infrastructure. L’effet dépasse la rue : des droits illimités découragent aussi l’initiative privée, les parkings de quartier et les projets à faible taux de motorisation. Ceux-ci ne fonctionnent que si les rues environnantes sont soumises à un régime étanche dans lequel les nouveaux habitants n’ont pas droit à une carte, comme à Malines et à Lierre. Sinon, le nouveau quartier se gare dans l’ancien.

L’erreur classique consiste à durcir le régime d’une main tout en laissant le robinet des cartes ouvert de l’autre

Niveau 4 : les tarifs, non pas une taxe punitive, mais un instrument de financement

En Flandre, le stationnement payant traîne la réputation d’une taxe punitive, et cette réputation constitue le principal obstacle. Pourtant, il est plus logique qu’on ne le pense : chaque investissement dans une nouvelle infrastructure crée un déficit financier.

Une place construite, surtout lorsqu’elle est principalement utilisée par des habitants, ne génère presque jamais assez de recettes pour couvrir la construction et l’exploitation. La logique consiste à combler ce déficit grâce aux recettes du stationnement environnant et, de plus en plus, de la recharge électrique. Toute commune qui envisage un parking en ouvrage, souterrain ou de périphérie doit donc réfléchir dès aujourd’hui à la capacité de sa politique tarifaire à le financer.

Un principe cohérent veut que le stationnement en voirie soit limité dans le temps et plus cher que dans un parking ou en périphérie. Dans le cas inverse, le trafic de recherche continue à traverser le centre tandis que l’infrastructure la plus coûteuse reste vide. Les coûts d’organisation s’ajoutent aux 500 € que chaque place coûte déjà annuellement ; il est donc raisonnable que l’utilisateur contribue davantage.

L’erreur classique consiste à traiter le tarif comme une recette isolée puis à le geler pendant dix ans. Le calcul essentiel tient sur un sous-bock : multipliez le nombre de places publiques par 500 € et comparez le résultat aux recettes annuelles. La différence est la subvention cachée de votre commune.

L’échelle du stationnement : maîtriser sa politique, étape par étape

Niveau 5 : la recharge, quand la politique climatique devient discrètement une politique de stationnement

Le niveau le plus récent s’impose de lui-même : le parc électrique augmente et les demandes de bornes affluent. La véritable vague reste à venir. Jusqu’à présent, les ménages pouvant recharger à domicile dominaient. À mesure que les véhicules électriques, neufs et d’occasion, se généralisent, ils apparaîtront dans chaque rue, y compris là où maisons mitoyennes et appartements ne disposent pas de parking privé. Ceux qui ne peuvent pas recharger chez eux le feront en rue.

Sans plan, la logique devient « la borne suit la voiture » : le premier demandeur choisit l’emplacement, le réseau se fragmente et chaque nouvelle borne suscite une discussion. Un plan stratégique inverse cette logique grâce à une estimation territoriale des besoins, à la coordination avec le gestionnaire de réseau, à des îlots de recharge choisis par la commune et à un phasage maîtrisé. Pour de nombreuses communes, c’est une entrée accessible dans une politique proactive.

Mais une question plus importante se pose : à qui appartiendra ce réseau ? Chaque place de recharge est une place sur le domaine public et produira un flux de revenus structurel. Trois voies principales existent : rejoindre la concession flamande, intégrer la recharge dans une concession locale — notamment lors du renouvellement de la concession de stationnement — ou la confier à une régie communale autonome.

Cette dernière option mérite davantage d’attention. Courtrai gère depuis des années son stationnement via Parko, Louvain a ouvert les toitures publiques aux panneaux solaires coopératifs par l’intermédiaire de son agence de développement urbain, et de nombreuses communes disposent déjà de régies expérimentées en exploitation et en énergie.

Les coopératives énergétiques locales peuvent apporter capital, expérience et soutien. Relier production locale, stockage et bornes sur le domaine communal représente l’une des grandes opportunités inexploitées : cela crée un actif communal.

L’erreur classique n’est donc pas technique, mais administrative : ne jamais poser explicitement la question de la propriété et laisser l’ordre des demandes y répondre.

Niveau 6 : construire, ne promettez pas un gouffre financier

Au sommet de l’échelle se trouve la tentation qui finit par surgir dans chaque débat : « construisons simplement davantage ». Deux règles doivent être énoncées clairement.

Premièrement, toute nouvelle offre vient après l’optimisation de l’existant. Un parking de supermarché vide à 20 heures à côté d’une rue résidentielle saturée n’est pas un problème de capacité, mais d’accords. Étudiez et contractualisez d’abord l’usage partagé, car une offre supplémentaire attire aussi davantage de voitures.

La majeure partie de la nouvelle offre n’est d’ailleurs pas construite par la commune, mais par les promoteurs, supermarchés et bureaux. Le règlement détermine combien ils construisent et surtout comment : collectivement plutôt que parcelle par parcelle, avec des normes adaptées aux fonctions et aux zones. Aller plus loin signifie transformer la norme de stationnement en norme de mobilité, incluant aussi le vélo, la mobilité partagée et la proximité des services et transports publics. Ces normes ne fonctionnent qu’avec des rues réglementées ; sinon, les sous-sols coûteux restent vides tandis que la rue reste pleine.

Deuxièmement, un parking en ouvrage est rarement rentable par lui-même. Une place souterraine coûte vite entre 30 000 et 40 000 €, une place dans un ouvrage en surface entre 20 000 et 25 000 €. Sans politique d’accompagnement, l’exploitation présente donc un déficit structurel. Promettre un bâtiment sans agir sur les rues voisines, c’est promettre un gouffre qui devra être comblé par les recettes des niveaux quatre et cinq ou par les budgets publics. Il en va de même pour un quartier à faible circulation automobile : sans couronne étanche, pas de quartier à faible circulation automobile.

Adhésion et communication : les clés d’une politique réussie

Pourquoi tant de démarches échouent-elles encore lorsque les bons niveaux sont choisis ? Nous avons vu des plans techniquement irréprochables s’effondrer et des plans modestes réussir. La différence n’était jamais la qualité de l’étude, mais l’appropriation du récit. Un plan que seul le consultant peut expliquer meurt lors de la première réunion difficile avec les habitants. Un collège et une administration capables d’expliquer pourquoi cette zone, ce tarif et ce moment peuvent tenir leur cap.

Cette appropriation ne naît pas d’une communication a posteriori. Elle exige un investissement en amont : ateliers, notes de décision montrant les conséquences de chaque option plutôt que rapports de cent pages, et moments d’évaluation planifiés. Elle exige aussi un changement mental : la résistance n’est pas la preuve d’une mauvaise politique, mais la preuve qu’une politique existe. Ceux qui l’intègrent grâce à un phasage et à un récit capable de résister à six mois de critiques persévèrent là où d’autres font marche arrière.

Photo : Plan de mobilité d’Audenarde : les parties prenantes contribuent à définir l’itinéraire

De parkeerladder: grip op parkeerbeleid, trede per trede

Gravissez l’échelle du stationnement avec Sweco

« Une politique de stationnement, c’est un suicide politique », disait l’échevin. Il avait raison à une condition : c’est un suicide pour ceux qui sautent trop haut sans sécuriser le niveau inférieur, qui promettent un bâtiment sans politique tarifaire, un quartier à faible circulation automobile sans couronne étanche ou une zone bleue sans contrôle. Mais l’inverse existe : une commune qui commence par compter, laisse le temps guider les usagers, attribue les autorisations plus sélectivement, utilise le tarif pour financer sa politique, revendique le réseau de recharge avant qu’un autre ne le fasse et ne construit que lorsque les chiffres sont justes. Cette commune ne mène plus un combat : elle mène une politique, étape par étape, au rythme que son conseil et son personnel peuvent soutenir.

À quel niveau se situe votre commune aujourd’hui ? Et lequel franchirez-vous au cours de cette législature ?

Sweco accompagne les villes et communes à chaque niveau de l’échelle : études et gestion des données, régimes et règlements, ordonnance et normes de stationnement, plans de recharge stratégiques, révision de concessions et analyse financière des investissements, avec autant d’attention pour le récit commun que pour les chiffres.

Tijs Veyt, Giske De Pauw, Jeroen Bastiaens et Ward Ronse (experts Traffic & Mobility)

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