
L’infiltration comme levier de conception pour un cadre de vie résilient
La Réglementation urbanistique régionale relative aux eaux pluviales (GSVH) fixe les règles applicables à toutes les demandes de permis d’environnement sur le domaine public en Flandre. Dans sa version révisée du 7 janvier 2025, tout revêtement nouveau, réaménagé ou étendu — de la bande de stationnement à la place du village — doit retenir, infiltrer et réutiliser autant que possible les eaux pluviales. Sweco accompagne les maîtres d’ouvrage afin de faire de l’infiltration un véritable outil de conception, plutôt qu’un risque pour l’obtention du permis.
D’une obligation à une approche intégrée de conception
En pratique, l’infiltration est encore souvent abordée comme une dernière étape lors de l’élaboration d’un permis d’environnement : il suffit alors d’ajouter un dispositif d’infiltration pour répondre à la réglementation sur les eaux pluviales.
En tant que consultants en architecture et en ingénierie, nous constatons que cela ne suffit pas. L’eau et le sol doivent devenir des éléments directeurs de la conception, et non de simples compléments. L’infiltration constitue à cet égard un maillon essentiel, non seulement pour les eaux pluviales, mais aussi pour d’autres flux d’eau :
- les eaux souterraines (eaux de pompage, eaux de drainage) ;
- les eaux pluviales ruisselant depuis les toitures, les places et les voiries ;
- éventuellement des flux épurés, en fonction de la qualité et de la structure du sol.
Une approche circulaire permet de lutter contre l’assèchement, de stabiliser les niveaux des nappes phréatiques et de mieux absorber les épisodes de pluies extrêmes, par exemple en réinfiltrant les eaux de pompage pendant la phase de chantier.
Le sous-sol comme point de départ de l’avant-projet
Une stratégie d’infiltration pertinente commence toujours par une connaissance approfondie du sous-sol.
Cela devient crucial dès la phase d’avant-projet.
Grâce à ces connaissances, nos consultants peuvent opérer des choix ciblés offrant le meilleur retour sur investissement :
prévoir l’infiltration là où le sol est perméable et sain,
opter pour le stockage et la rétention dans les zones au potentiel d’infiltration plus limité,
et éviter simultanément les zones sensibles ou contaminées.

D’abord le système hydrologique,
puis l’imperméabilisation
Un concept de conception adapté au climat inverse le processus classique et commence par le système hydrologique :
- Nous définissons d’abord la logique des noues, fossés, plans d’eau ouverts, dépressions et zones inondables.
- Ensuite, nous positionnons les voiries et cheminements, de préférence avec des revêtements perméables lorsque cela est pertinent et techniquement réalisable.
- Viennent enfin les volumes bâtis et les zones vertes ou parcs, en adéquation avec le relief naturel et l’écoulement des eaux.
Des bâtiments implantés sur des zones légèrement plus élevées
+
Des zones plus basses réservées à la collecte, au stockage et à l’infiltration
=
un système robuste, mieux armé face aux épisodes de fortes pluies comme aux périodes de sécheresse
En intégrant cette approche dès l’avant-projet, on limite les ajustements ultérieurs et on optimise les investissements à long terme.
Image générée par l’IA
La question n’est alors plus « Où plaçons‑nous une noue ? », mais bien « Comment organisons‑nous l’ensemble du système hydrologique du site, en surface et en sous‑sol, afin que l’infiltration puisse s’opérer de manière maximale et sûre ? »
Linde Vanlook, consultante sol chez Sweco
Veiller également, en phase de chantier,
à la qualité du sol
Les dispositifs d’infiltration ne fonctionnent correctement que dans un sol sain et non compacté.
C’est pourquoi nous encourageons à anticiper, dès la conception et la passation des marchés, l’organisation du chantier, afin d’éviter toute compaction inutile du sol et de préserver la capacité d’infiltration.
- Travailler autant que possible à partir des voiries existantes ou futures : limiter la zone de chantier aux surfaces déjà imperméabilisées ou destinées à l’être.
- Lorsque ce n’est pas possible, aménager des voies de chantier en grave compactée ou à l’aide de plaques de roulage afin de limiter la compaction du sol.
- Éviter les zones de chantier et les aires de stockage sur les sols argileux ou autres terrains sensibles.
- Sur sols sableux secs, le sol doit être à nouveau compacté après le remblayage afin d’éviter des structures trop lâches.
- En cas de compaction malgré tout, le sol doit être mécaniquement décompacté en fin de chantier, afin de restaurer la capacité d’infiltration.
Des dispositifs d’infiltration
qui restent performants
Nos consultants proposent également une vision réfléchie de la gestion et de la pérennité, afin de garantir des dispositifs d’infiltration performants sur le long terme :
- Les talus ne peuvent être trop raides, tant pour des raisons de sécurité que pour faciliter la fauche et l’inspection.
- L’accessibilité pour les équipes de maintenance et le matériel doit être anticipée dès la phase de conception.
Dans un contexte climatique marqué à la fois par des périodes de sécheresse plus longues et des épisodes de pluies plus intenses, nous veillons également à des aménagements qui :
- disposent d’une capacité de stockage suffisante pour absorber les débits de pointe et limiter les inondations ;
- contribuent de manière significative à la recharge des nappes souterraines ;
- sont, lorsque cela est possible, utilisés pour stocker l’eau hivernale en vue d’un usage estival (irrigation, gestion des espaces verts, refroidissement…).
Infiltration : un thème central dans le permis d’environnement
La GSVH fait de l’infiltration un thème central dans le cadre du permis d’environnement.
À l’aide d’outils tels que le Sweco Loket et un « permit scan », Sweco vérifie à un stade précoce :
- si le projet est conforme à la réglementation relative aux eaux pluviales ;
- comment intégrer l’infiltration et la gestion des eaux pluviales dans l’étude préalable et la conception ;
- où une dérogation motivée est pertinente et défendable, conformément à la Circulaire Eaux pluviales.
Notre objectif ?
Transformer la contrainte réglementaire en levier de conception.
Faire de l’infiltration non pas une simple obligation, mais un véritable levier pour un espace public vivable et résilient face au climat.

Sweco accompagne des maîtres d’ouvrage publics et privés à toutes les phases des projets d’infiltration et de gestion des eaux pluviales.
Études d’infiltration et suivi des eaux souterraines
Détermination de la capacité d’infiltration ;
Suivi, en temps réel, des niveaux des nappes à l’aide d’enregistreurs de données télémétriques
Études de sol et d’eaux souterraines
Études de sols environnementales et interprétation des profils de sol ;
Cartographie des contaminations, de la structure du sol et des phénomènes de gley
Modélisation hydraulique et bilans hydriques
Démonstration du bon fonctionnement hydraulique (modèle Sirio) ;
Modélisation avancée (ICM) lorsque nécessaire ;
Élaboration de bilans hydriques
Accompagnement pour le choix des matériaux et des concepts de revêtement
avec des conseils sur les revêtements durables et perméables
Application de la cascade des eaux pluviales
retention > infiltration > réutilisation > évacuation différée
Sweco fait le lien entre la réglementation, l’expertise du sol et la conception. Nous aidons les communes, les gestionnaires de réseaux d’égouttage, les développeurs et d’autres maîtres d’ouvrage à réaliser des projets conformes aux exigences en matière de permis et contribuant à des environnements de vie résilients et adaptés au climat.
Découvrez comment l’infiltration peut devenir, dans votre projet, un levier pour la qualité et l’adaptation au climat.
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