
La gestion de l’environnement : faire de la place pour de meilleurs projets
Aujourd’hui, les projets s’inscrivent dans un environnement complexe. Les intérêts s’entrecroisent, l’espace se raréfie et les citoyens font davantage entendre leur voix. Dans cet Expert Talk, Michèle Jacobs et Caro De Visscher expliquent pourquoi la gestion de l’environnement et la médiation vont bien au-delà de la communication ou de la participation. Elles nécessitent une approche réfléchie, une analyse approfondie du contexte et la volonté de travailler à partir de perspectives variées.
Un environnement plus complexe exige une approche réfléchie
Le contexte dans lequel nous réalisons nos projets a profondément évolué au cours des vingt dernières années. Les habitants souhaitent savoir ce qui se passe dans leur quartier et quelles incidences un projet aura sur leur cadre de vie. Parallèlement, les règles et les procédures se sont multipliées. Les permis, l’azote, les PFAS et les réglementations relatives aux eaux pluviales, entre autres, rendent les projets plus complexes tant sur le plan technique que juridique.
À cela s’ajoute le fait que les projets touchent souvent à plusieurs domaines d’action publique. Le logement, l’économie, la mobilité, l’eau et la nature ne peuvent plus être envisagés séparément. En Belgique, nous nous heurtons en outre aux limites de notre territoire. Tous ces éléments rendent plus difficile la prise en compte de l’ensemble des enjeux et la conciliation des intérêts.
La gestion de l’environnement aide à rendre cette complexité plus maîtrisable. Elle prend en compte non seulement les dimensions techniques et juridiques d’un projet, mais aussi le contexte dans lequel celui-ci doit s’inscrire. Quels acteurs sont concernés ? Quels intérêts sont en jeu ? Où se situent les sensibilités ou les risques potentiels ? Les réponses à ces questions constituent le point de départ d’une approche adaptée au contexte du projet.
La gestion de l’environnement n’est pas une obligation légale en soi. Pourtant, une approche stratégique intégrant la gestion des parties prenantes et l’environnement au sens large devient de plus en plus indispensable pour aboutir à un projet autorisable et bénéficiant d’une réelle adhésion.
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La gestion de l’environnement consiste à réfléchir consciemment aux acteurs à mobiliser à chaque étape du processus, à la manière de les atteindre et à l’objectif poursuivi.
Michèle Jacobs, responsable de la gestion des processus et de la gestion des parties prenantes
Pas une simple case à cocher
Organiser un unique moment de participation ne suffira pas à répondre à toutes ces questions. L’approche doit être adaptée aux acteurs concernés, aux sensibilités en présence et à la phase dans laquelle se trouve le projet. Elle commence par des choix clairs quant à l’objectif, au public cible, au calendrier et au format. Toutes les parties prenantes ne doivent pas nécessairement être impliquées de la même manière : une collaboration intensive est parfois nécessaire, tandis qu’une information claire suffit dans d’autres cas.
Une analyse des parties prenantes permet d’étayer ces choix. Elle commence par recenser les risques liés au projet et à son environnement. Elle permet ensuite d’évaluer les intérêts des différentes parties prenantes et le rôle qu’elles jouent. Il devient ainsi possible de déterminer les aspects et les acteurs auxquels une attention particulière doit être accordée dans l’approche du processus. La connaissance locale et territoriale peut par ailleurs apporter des éclairages que l’équipe de projet ne possède pas toujours elle-même.
L’historique d’un territoire mérite également une attention particulière. Des projets antérieurs, des préoccupations ou des conflits passés peuvent influencer la confiance accordée à une nouvelle initiative, même lorsque les projets ont peu de liens entre eux sur le fond. En tenant compte de ces antécédents, on comprend mieux les sensibilités existantes et les points nécessitant une attention accrue.
Dans le cadre de grands projets d’infrastructure, tels que Gentspoort, on constate à quel point il est essentiel d’intégrer suffisamment tôt des perspectives différentes. En échangeant pendant une période prolongée avec divers groupes cibles situés le long du tracé, le projet initial a pu être évalué en profondeur. Ces échanges ont abouti à des améliorations et à des alternatives concrètes, permettant de mieux adapter le projet à son environnement.

Écouter, c’est plus que recueillir des contributions
La gestion de l’environnement ne prend tout son sens que lorsque les contributions recueillies sont réellement prises en compte. Toutes les suggestions ne sont pas réalisables au regard du périmètre ou du cadre réglementaire d’un projet. Il est toutefois essentiel d’expliquer clairement, dans un rapport ou lors d’un retour d’information, quelles remarques sont retenues et pourquoi certaines propositions ne le sont pas. Les participants savent ainsi que leur contribution a été considérée avec sérieux.
Le retour d’information est important non seulement pour communiquer de manière transparente, mais aussi pour renforcer la relation avec l’environnement du projet. Un moment de participation peut également révéler des divergences potentielles, mais aussi des intérêts communs. Ces éléments peuvent aider à explorer des alternatives et à mieux adapter les solutions au contexte local.
La gestion de l’environnement suppose un équilibre entre les contributions issues du terrain et les contraintes fortes du projet. La participation peut soulever de nouvelles questions ou nécessiter des adaptations, et parfois élargir le périmètre d’un projet. Cet investissement peut toutefois se traduire par des procédures plus courtes, une opposition moindre et une adhésion renforcée. Préserver l’équilibre entre périmètre, calendrier et budget reste dès lors un exercice essentiel.
image ©AWV
Lorsque les contributions disparaissent dans une boîte noire, les riverains ont le sentiment de ne pas être entendus. Cela peut fragiliser la confiance dans le processus.
Michèle Jacobs, responsable de la gestion des processus et de la gestion des parties prenantes
Aborder les conflits par la médiation
En identifiant à temps les intérêts et les sensibilités, les équipes de projet peuvent détecter plus rapidement les points de blocage et déterminer les adaptations ou les concertations complémentaires nécessaires. La gestion de l’environnement favorise ainsi non seulement le dialogue, mais aussi la maîtrise des risques et un meilleur pilotage des projets.
Lorsqu’un conflit s’envenime malgré tout, la médiation peut aider à relancer le dialogue. Le médiateur ne prend pas parti, mais offre à toutes les personnes concernées l’espace nécessaire pour exposer leurs intérêts. Cela suppose une volonté de se remettre autour de la table. Il s’agit également d’examiner ce qui se cache derrière les positions défendues. Cette approche, appelée multipartialité, aide à comprendre les différentes perspectives et à envisager les prochaines étapes possibles.
Sweco peut intervenir comme médiateur dans le cadre de ses propres dossiers ou à la demande de parties externes, y compris lorsque l’entreprise n’a pas été impliquée dans l’ensemble de la phase préparatoire.
C’est notamment le cas d’un processus lié à la mise en œuvre du décret flamand relatif à l’accessibilité de base dans une ville-centre flamande. Les parties concernées ne parvenaient pas à s’accorder sur l’aménagement d’un réseau de transports publics de qualité et ont demandé à Sweco de faciliter le processus. Bien que la démarche ne constituât pas formellement une médiation, elle revêtait clairement un caractère de médiation. L’accent ne portait pas uniquement sur le débat de fond, mais aussi sur le rétablissement de la collaboration entre les partenaires concernés. Leur intérêt commun était clair : parvenir ensemble à un réseau de transports publics de qualité. Et, pour y parvenir, les parties dépendaient les unes des autres.
Rétablir la confiance demande du temps. Comprendre le point de vue de l’autre constitue une première étape essentielle. Le dialogue peut alors reprendre. Même lorsqu’un accord global s’avère impossible, il peut être précieux de mieux comprendre les préoccupations, de rétablir l’échange et d’identifier les suites envisageables.
Pour moi, la médiation est une forme de gestion de l’environnement : elle permet de remettre les parties autour de la table lorsque les positions se sont figées.
Caro De Visscher, responsable de la gestion des processus et de la gestion des parties prenantes
La gestion de l’environnement relie les intérêts aux solutions spatiales
Chez Sweco, nos experts en gestion de l’environnement et nos médiateurs associent leur expertise en gestion des processus, en gestion des parties prenantes et en gestion des conflits à une solide expérience des projets d’aménagement du territoire et d’infrastructure. Ils examinent non seulement les intérêts et les préoccupations des parties concernées, mais aussi les possibilités de les traduire en choix concrets pour le projet.
Notre force réside surtout dans la recherche de solutions spatiales et dans leur traduction en un projet intégré et de qualité.
Caro De Visscher, responsable de la gestion des processus et de la gestion des parties prenantes
Cette combinaison permet de renforcer à la fois le processus et le contenu d’un projet. Les experts en gestion de l’environnement identifient les parties prenantes, les intérêts et les sensibilités, puis accompagnent la concertation. Lorsque les positions s’opposent, la médiation peut contribuer à clarifier les intérêts sous-jacents et à recréer un espace de dialogue. Grâce à leurs connaissances multidisciplinaires, nos experts peuvent ensuite examiner les adaptations ou les alternatives réalisables.
Dans la pratique, une concertation approfondie avec différents groupes cibles peut entraîner une évolution significative d’un projet et permettre de mieux l’intégrer dans son environnement. C’est là toute la valeur ajoutée de la gestion de l’environnement : le projet est mieux étayé et devient une solution intégrée, largement soutenue.
Vous avez des questions sur la gestion de l’environnement ou la médiation dans le cadre de votre projet ? Contactez nos experts.

Michèle Jacobs

Caro De Visscher
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